vendredi 16 mai 2008

Hey...Tunick ?! Versus les arts tristes (la révolution n'a pas eu lieu)


Spencer Tunick, Dusseldorf 2006


Spencer Tunick New Yorkais de son état (d'âme Eric* ), est un créateur d'installations (dé)culotées et contractées du gland (je sais de quoi je parle), oeuvrant dans la trés hot et hype sphère du lard contemporain (traduire par une sorte de charcuterie New Age). Définir le travail du bonhomme ? Faciiiile ! Vous prenez n'importe qui (vous, moi, eux...mais surtout moi), fixez un point de rencard totalement incongru (un port autonome à Lyon, un sommet glacé en Suisse, un parking Gugenheimien d'Amsterdam ou encore une barque en bois d'arbre dérivant sur les canaux de Bruges...), de préférence à une heure relevant de la barbarie pure (4 heures du mat'), ordonnez lui de se mettre à poil illico "Rain or shine"** et pour finir laissez vous (ce sera vous) porter par la douce et glaciale brise matinale des lieux, celle là même qui vous rigidifie les burnes et vous liquéfie la tirelire (pour vous mesdames)...enfin ce pour quoi vous êtes là est sur le point de se matérialiser, des lors que l'artiste entre en scène, armé de son infernale protubérance génitrice d'instantanés (un appareil photos tout simplement), prêt à violer votre âme, l'acte abstrait et encore singulier de désapage public prend enfin tout son sens et subitement sans crier gare, vous voilà malmené, trituré, modelé et pour finir, immortalisé pour la postérité et noyé dans un tas de chair (à) canon à vocation (pas toujours) photohygiènique et ce, dans des positions peu honorables j'avoue, encore que tout dépend où l'on se place et avec qui... Une chose est certaine, participer à des oeuvres autrefois transgressives d'un photographe aujourd'hui devenu populaire m'a paru se révéler être des expériences parfaitement édifiantes puisque non content de m'avoir fait lever aux aurores, Tunick m'a enfin fait comprendre la signification réelle de l'expression "avoir la tête dans le cul" et rien que pour cela...merci et chapeau l'artiste !...Car il est bel et bien question d'artiste lorsque l'on parle de l'américain, terme qui malheureusement se révèle souvent pompeux voir galvaudé lorsqu'il s'agit de se pencher sur ces prétendants wannabe et autres vagues gloires (à ne jamais) en devenir locales infestants le monde de l'art, usant et abusant d "oeuvres" académiques inesthétiques, onéreuses et totalement dénuées d'intérêt. Les Ateliers Ouverts de Strasbourg m'ont, une fois n'est pas coutume, conforté dans le mal que je pensais de cette tenace et aliénante prétention qui compose un microcosme par nature élitiste et présomptueux, cette typique rugosité culturelle aux accents de connerie résidente qui forme le charme de cette si délicate arrogance chère à notre beau pays.

*Tu peux revenir rechercher la double (j'y arrive pas)
** Qu'il pleuve où qu'il fasse beau, c'est trop tard vous avez accepté.
Spencer Tunick : http://www.i-20.com/artist.php?artist_id=19

4 commentaires:

$hiti a dit…

Pour reprendre une vieille maxime qu'on dégainait à l'école primaire : le talent c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale.
(oui je sais, c'était "la culture", dans la phrase d'origine, mais je fais ce que je veux, je suis sur l'Internet.)

Sinon, mon éternelle question : comment se fait-ce qu'une installation de l'ami Spencer n'ait jamais virée à la partouze ?
amis des questions essentielles, bonsoir.

Re-lax' ? Don't doh it... a dit…

Si le "Fist un nu" est un film coup de poing, tes chroniques, cher Stéphane, sont de loin les plus fines, les plus claires, et les plus pénétrantes de l'obscure blockhausphère. L'habituel : "Bravo"...

P.-S. @ $hiti, pour l'ensemble de son oeuvre :

J'applaudis fort, beaucoup,
Corbeau fou,
Tu es mon crow gaga,
Je suis ton...

Schprotz,

Shi-Mu

Gatz' a dit…

Je te rejoins aisément dans la critique concernant les ateliers ouverts (les apparts visités sont souvent bien plus intéressants que les crôutes exposées...).
Allez, sois fou grand fou, l'année prochaine improvise ton one-man-Tunick-show; colle toi à poil sur le général Kléber (ou Oncle Gutenberg, à voir selon affinités!) et on tâchera de dégainer nos infernales protubérances génitrices d'instantanés...! ;-)

stef a dit…

Tout Eddy...