
...ceci dit "je connais l'alphabet, je pourrais peut être devenir écrivain" et c'est ainsi que le jeune marin Hubert Selby Jr découvre l'essence même de sa vocation existentielle : l'écriture.
Selby nait en 1928 a Brooklyn, a une jeune existence des plus chaotique, atteint de tuberculose, accro à l'héroine, aux hôpitaux et aux établissements carcéraux il décide de donner un sens à sa vie, un stylo et une feuille de papier feront l'affaire.
Le junior n'est pas né dans un chou gras et douillet, l'univers qu'il dépeint suinte les ténèbres et la misère humaine, son style, abrupt et sans concession n'a que faire d'une Amérique asexuée et bien pensante, son monde est géniteur de chômeurs pathologiquement misogynes et alcooliques, de junkies décharnés par une vie trop longue, de transsexuels suants la benzédrine par des pores crasseux, d'enfants abusés...le décor est planté, immuable. Selby moleste les mots, dérouille délibérément ses personnages, encule Walt Disney et éjacule son plus beau glaviot à la face du nouveau monde, réduisant à néant la moindre issue consensuelle, sans concession aucune, faisant fi d'une littérature académique et condescendante en bafouant toutes les règles établies (de nombreux procès pour obscénités pour "last exit to brooklyn") Selby c'est un peu la gueule de bois d'une ruée vers l'or qui aurait virée au plomb, un regard moisi, pénétrant et tenace comme une chaude pisse, sur un système social aux fondations fissurées.Bravant glorieusement les interdits c'est néanmoins au firmament des auteurs majeurs de la deuxième partie du siècle dernier que l'écrivain se retrouve catapulté et ce, dès son premier roman. Plus récemment il s'est vu consacré par Hollywood, une véritable reconnaissance cinématographique puisque deux de ses romans sont portés à l'écran (Dernière sortie pour Brooklyn en 1989 et Requiem for a dream en 2000). Hubert Selby Jr est mort en 2004.
Merci à Diane, Gael et Flash McQueen.
3 commentaires:
Et ta plume de s'affiner, entre celle d'un Patrick Eudeline et celle d'un GG Allin (en plus ça rime).
Keep on truckin', Mack !
Tu as l'art du sens de la description qui communique l'envie d'y plonger un coup, dans cette Amérique-là. Thank you for the tuyau ! ;)
Et comme $hiti, je dis: Keep on truckin', Mack !
Huhu, I'm the king of the road ! Thanks beaucoup U2.
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